Préserver la biodiversité et lalimentation sécuriser
4. Équilibre social
Les denrées alimentaires doivent être abordables pour tous. C’est pourquoi des instruments d’équilibre social sont nécessaires. Les revenus à cet effet pourraient être générés par des taxes sur les agriculteurs de l’UE, par des « droits de douane environnementaux » sur les importations ainsi que par des économies sur les subventions agricoles actuelles.
Compenser laugmentation des prix des denrées alimentaires
L’application du principe du pollueur-payeur dans l’ensemble du secteur agricole, comme le préconise nature solidarity, entraînera une hausse des prix à la production et, par conséquent, des prix à la consommation. C’est inévitable. Cela ne signifie toutefois pas que les personnes à faibles revenus ne pourront plus s’offrir certains aliments. Une alimentation saine doit bien entendu rester abordable pour toutes et tous.
À cet effet, les revenus proposés par nature solidarity issus des taxes sur les pesticides, les engrais minéraux et le dioxyde de carbone payées par les agriculteurs de l’UE, des droits de douane environnementaux sur les importations ainsi que des économies réalisées sur les milliards d’euros de subventions agricoles versés jusqu’à présent doivent être utilisés.
Des produits respectueux de lenvironnement et du bien-être animal pour tous !
Lorsque les responsables politiques agricoles européens défendent lagriculture dysfonctionnelle de lUE, ils aiment utiliser largument sociopolitique selon lequel personne ne devrait être exclu de lachat de certains aliments en raison de prix trop élevés. Cest à la fois vrai et faux. Car cela ne sert quà cimenter le statu quo de lagriculture européenne. Lier arbitrairement des domaines politiques est une astuce populaire qui se fait souvent au détriment de toutes les tâches politiques concernées.
Il est plus judicieux de procéder ainsi : la politique agricole doit être évaluée à l’aune de sa capacité à fournir suffisamment d’aliments sains, si possible sans subventions et sans dommages pour la collectivité. Si, dans ces conditions, les denrées alimentaires de base deviennent inabordables pour certaines personnes, une bonne politique sociale est nécessaire pour compenser. Les denrées alimentaires de base doivent-elles être taxées et, si oui, dans quelle mesure ? Une communauté démocratique ne peut se soustraire à ce débat. Plusieurs sources s’offrent pour le financement de mesures sociopolitiques dans le contexte de la politique agricole : les revenus proposés par nature solidarity issus des taxes sur les pesticides, les engrais synthétiques ou les émissions de CO2 payées par les agriculteurs de l’UE ; les droits de douane environnementaux sur les importations agricoles nuisibles à l’environnement en provenance de pays hors UE ; les économies réalisées sur les milliards d’euros de subventions agricoles.
En outre, les responsables politiques agricoles de l’UE ne sont pas qualifiés pour donner des conseils en matière de politique sociale : une étude de 2020 met en évidence un déséquilibre social massif dans la répartition des subventions agricoles. [Billions in Misspent EU Agricultural Subsidies Could Support the Sustainable Development Goals | 31.10.2025] Selon cette étude, au cours de l’année de référence 2015, sur les près de 60 milliards d’euros dépensés pour le secteur dans le cadre de la politique agricole commune de l’UE, plus de 24 milliards d’euros sont allés à des régions où les revenus moyens des agriculteurs étaient déjà supérieurs à la médiane de l’UE ; 2,5 milliards d’euros supplémentaires, destinés à favoriser le développement rural, ont été versés à des zones principalement urbaines. Les auteurs ont logiquement recommandé une redistribution et un meilleur contrôle des paiements.
